Meaux : elle s’envoie 200 messages de haine pour séduire son ex, la justice la condamne
Dans une affaire aussi troublante qu’inédite, une trentenaire a orchestré un stratagème pour reconquérir son ancien compagnon. Sa méthode : s’envoyer à elle-même des messages menaçants et déposer de fausses plaintes. Le tribunal correctionnel de Meaux a démêlé cette machination qui a mobilisé les forces de l’ordre pendant plusieurs mois.
Une série de plaintes qui alerte la police
Entre janvier et mai 2025, Sylvie, un pseudonyme, multiplie les dépôts de plainte. Elle affirme recevoir des messages insultants et se présente comme victime de harcèlement. Les enquêteurs se heurtent à un obstacle de taille : l’utilisation d’un VPN rend l’identification des auteurs présumés quasi impossible.
Mais les investigations prennent une tournure inattendue. Les policiers découvrent progressivement que la trentenaire s’envoyait ces messages à elle-même. Une révélation qui bouleverse l’enquête et révèle l’ampleur de la manipulation.
Un stratagème pour attirer l’attention d’un ex
Devant le tribunal correctionnel le 7 avril, Sylvie comparaît pour « envois réitérés de messages malveillants » et « dénonciation mensongère à une autorité judiciaire entraînant des recherches inutiles ». La relation avec la victime, son ancien petit ami, n’avait duré que quelques semaines.
Interrogée par la présidente Armelle Lamouroux sur ses motivations, la prévenue admet sa stratégie. Elle voulait attirer l’attention de son ex-compagnon dans l’espoir de le reconquérir. Un aveu qui laisse l’audience perplexe.
Des accusations qui s’étendent au-delà du harcèlement
L’affaire ne se limite pas aux seuls messages. Sylvie avait également déposé plainte pour une agression physique et la dégradation de sa voiture. Des faits tout aussi fabriqués que les précédents.
Dans son entreprise, elle cible des femmes de son entourage professionnel, tissant un réseau de fausses accusations. Ces manœuvres lui coûtent finalement son emploi.
Des conséquences lourdes pour l’ex-compagnon
Loin d’obtenir l’effet escompté, la machination de Sylvie provoque un stress psychologique important chez son ancien petit ami. Il évoque devant le tribunal des problèmes de sommeil et l’impact dévastateur sur son bien-être général.
Ses relations sociales se dégradent également, victimes collatérales d’une manipulation aux ramifications multiples. La présidente du tribunal souligne le gaspillage considérable de temps et de ressources policières généré par ces dénonciations mensongères.
Le profil psychiatrique au cœur du procès
La défense met en avant la fragilité psychologique de la prévenue. Des expertises psychiatriques révèlent des troubles de la personnalité borderline qui auraient altéré son discernement durant les faits.
Le tribunal prend en considération ces éléments de santé mentale, tout en rappelant la gravité des actes commis et leur impact sur les victimes comme sur l’institution judiciaire.
Une condamnation assortie d’une obligation de soins
La substitute du procureur avait requis dix mois de prison avec sursis probatoire, incluant un suivi psychiatrique obligatoire. Le tribunal prononce finalement une peine de huit mois de prison avec sursis probatoire.
Cette condamnation vise autant à sanctionner qu’à accompagner la prévenue vers des soins adaptés. L’objectif : prévenir toute récidive d’un comportement qui a monopolisé inutilement les services de police et causé un préjudice réel à plusieurs personnes.

